Esther

Esther

Étreignant sans cesse son c½ur exogène,
Sa peau se frotte à l'infini contre la mienne.
Tiraillé sans trêve par les envies de lenteur
Humide; Elle se laisse bercer par le rythme des tendres patineurs.
Ésotérique, son amour couvre les octaves eux-mêmes ;
Rare, son prénom à lui seul est un poème.

Emmitouflé dans ton hydrogène tu guides mes pas,
Souriante, radieuse, et violente de beauté.
Tu es mon sourire, ma super nova,
Hybride des nymphes et de mes Madicha.
Et délicatement tu interceptes l'égaré,
Riant encore pour une complète éternité.
.

Des nuits entières sans que tu ne le saches,
Nous chevauchons tout deux de merveilleuses chimères.
Et ton exquis parfum qui à mon corps s'attache,
Fait s'incliner devant moi les modestes roses trémières.

Léon, tu m'apparais toutes les nuits,
Dans mes doux songes qui viennent tard.
Et ta chevelure forme un pont qui à la lumière luit,
Couvrant les no man's land qui nous séparent.

Tes sourires touchent mon essence même.
Et au premier venu ayant l'air éblouie,
Puis-je dire sans rougir que tu m'aimes ?

Dans un lourd sommeil qui ne m'appartient pas,
Je susurre dans la moiteur de la nuit,
Esther, Esther petite fée verte de Paalta.

*
Paalta


Esther

# Posté le samedi 19 juillet 2008 20:48

Modifié le mardi 30 septembre 2008 09:24

Elle

Elle nage dans une mer de cendre,
Elle est là, ne fait qu'attendre.
Et moi je l'observe de derrière le rideau,
J'ose, moi qui ne suis pas beau.

Mais, deux bandes noires comme au cinéma,
Entravent ma vision, je n'y pense même pas.
Elle fait la planche sur la mer de cendre,
Elle ne pense jamais à se pendre.

De derrière le rideau,
J'ose, moi qui suis né trop tôt.

Ses gestes sont calmes, précis et gracieux,
Je ne pourrais souhaiter voir mieux.
Vers moi, vole des petites poussières de Flandre ;
Je les voudrais, mais je ne peux les prendre.

C'est étrange,[je crois] car je vois flou,
Je sens encore les marques des derniers fous.
Sur la mer de cendre se dresse une grande vague,
Sur sa crête se dresse fièrement Prague.

De derrière le rideau,
J'ose, moi qui dit mille maux.

Soudain elle disparaît sous la déferlante,
Je panique, je me dérobe, mes jambes sont pantelantes.
Mes yeux s'embrument, je me sens vide.
Je n'ai pas la force de la sauver, je suis stupide.

Je ne vois plus que les bandes noires,
Je ne vois plus, je me laisse choir.
La mer de cendre est parfaitement lisse,
Un drôle d'impression, la syphilis.

De derrière le rideau,
Je ne vois plus, je ne suis pas digne de tous ces maux.
Derrière le rideau,
Je meurs un peu, je ne mérite pas ce qui est beau.
Le rideau,
N'est pas ce que vous croyez, il est le voile que j'ai rêvé.
Rideau,
Je ne peux t'éparpiller, il me semble que toujours tu as toujours été.
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# Posté le mercredi 23 juillet 2008 09:04

Modifié le mardi 30 septembre 2008 09:23

Il est mort le jeune homme

Il est mort le jeune homme
Regardez ! Il a allumé une étoile
Éternelle constance de l'âme
Il est maintenant le tout
Immortel à notre regard
Brillant de milles feux
A travers milles cieux
Se reflétant à jamais dans les lacs
Dans l'eau des flaques.
Il côtoie désormais les génies d'avant-hier
Et les morts de demain
Il est mort dans nos yeux
Éternelle constance de l'âme

Et,
Lorsque la nuit sera tombée
A la voûte céleste accroché
Il se reflètera dans les yeux fermés
De sa douce dulcinée

Le soir elle ne sourit plus
Elle a le c½ur à nu
Ses songes sont reclus
A la mémoire d'un pendu

# Posté le mercredi 23 juillet 2008 09:07

Modifié le mardi 30 septembre 2008 09:23

Arthur Rimbaud, dans une lettre à Paul Demeny.

Arthur Rimbaud, dans une lettre à Paul Demeny.
" Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens.
Toutes le formes d'amour, de souffrance, de folie; il cherche lui-même, il épuise en lui tout les
poisons, pour n'en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi,
de toute la force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand
maudit - et le suprême Savant! - Car il arrive à l'inconnu! "
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# Posté le mercredi 23 juillet 2008 20:08

Modifié le mardi 30 septembre 2008 09:22

Ascension

Le soir des pleines lunes
les acides sont dans la pluie
Laissez moi quelques minutes à cet effet
et je construirais un mythe
Le mythe du voyage
et celui qui fut un seul instant appelé Dyonisos me
rendra visite Assurément
---------------------------------------------------------Je suis prêt à ne jamais revenir
---------------------------------Evidement
Dans les forêts rousses d'étranges rituels se prépare
les sorcières s'affairent
Au grand départ

# Posté le mercredi 23 juillet 2008 20:22

Modifié le mercredi 15 juillet 2009 10:50